Entrepreneuriat culturel

🏢

Diriger, administrer, entreprendre

20 ans à la tête de structures culturelles.

On ne devient pas producteur audiovisuel par hasard. Mais on ne le reste pas vingt ans sans devenir aussi chef d’entreprise, gestionnaire, commercial, DRH, responsable juridique, négociateur de marchés publics, et parfois, soyons honnêtes, plombier de service quand le studio prend l’eau un vendredi soir.

De 2004 à 2025, j’ai fondé et dirigé Prodigima, d’abord en association (2004–2009), puis en SARL (2009–2025). Depuis 2015, je suis également co-fondateur et administrateur de la Compagnie L’An 01, compagnie de théâtre contemporain basée à Toulouse.

Deux structures. Deux statuts juridiques. Deux cultures de gestion profondément différentes. Un même quotidien : tout faire tenir ensemble, avec rigueur, avec conviction, et sans jamais perdre de vue la raison pour laquelle on fait ce métier, raconter des histoires qui comptent.

Ce post retrace les compétences que ces vingt années m’ont imposé de développer. Pas celles qu’on apprend dans les manuels, mais celles qu’on forge dans le réel, entre un budget de tournage qui dérape, un client institutionnel qui change de cahier des charges à J-3, et une équipe d’intermittents qu’il faut embarquer sur un projet dont le financement n’est pas encore bouclé.

📊Gestion financière et administrative : Le nerf de la guerre

Diriger une société de production audiovisuelle, c’est d’abord apprendre à lire un bilan, à anticiper une trésorerie, à négocier un découvert, et à monter des plans de financement qui tiennent la route devant un banquier, un CNC ou une commission régionale.

Chez Prodigima, les budgets de production pouvaient aller de quelques milliers d’euros pour un film institutionnel en une journée de tournage à plusieurs centaines de milliers d’euros pour un documentaire TV coproduit à l’international ou en millions d’euros pour un long-métrage de cinéma. Le documentaire Dans le ventre de Toulouse, coproduit avec Stefilm (Turin) et Ma.Ja.De (Allemagne) pour ARTE, ZDF et RAI, ou le long-métrage Entre deux trains, coproduit avec Almano Film et Le Studio Orlando, impliquaient des montages financiers complexes, multi-pays, multi-devises, avec des obligations déclaratives croisées.

Au quotidien, cela signifiait : élaboration de devis et budgets prévisionnels, suivi comptable en lien avec l’expert-comptable et le commissaire aux comptes, gestion de la trésorerie au jour le jour, déclarations fiscales et sociales, TVA intracommunautaire sur les coproductions européennes, gestion de la confidentialité des comptes annuels, et rapports financiers aux organismes de financement.

Du côté de la Compagnie L’An 01, la gestion financière prend une forme différente mais tout aussi exigeante. Le modèle associatif repose sur un mélange de subventions publiques (DRAC Occitanie, Région Occitanie, Départements, villes), d’apports en coproduction et de recettes propres. Les budgets sont à peine plus modestes, et les contraintes de justification auprès des financeurs publics sont parfois plus lourdes qu’en SARL. Chaque euro dépensé doit être documenté, chaque ligne budgétaire doit correspondre au projet déposé. C’est une école de rigueur absolue.

📝 Marchés publics et appels d’offres : L’art de convaincre sur dossier

Une part significative du chiffre d’affaires de Prodigima provenait de marchés publics et d’accords-cadres avec des institutions nationales. Ce n’est pas un hasard : j’ai fait de cette compétence un avantage concurrentiel stratégique.

Répondre à un appel d’offres public, c’est un exercice de précision qui mobilise simultanément des compétences rédactionnelles, techniques, juridiques et commerciales. Il faut décortiquer un cahier des charges, souvent rédigé dans un langage administratif dense, identifier précisément le besoin, proposer une méthodologie adaptée, chiffrer chaque poste avec exactitude, constituer un dossier de candidature irréprochable (références, certifications, attestations sociales et fiscales), et le tout dans des délais souvent très serrés.

Au fil des années, Prodigima a remporté des dizaines de marchés auprès d’institutions de premier plan : le CNES (Centre National d’Études Spatiales), avec qui nous avons développé une relation de plus de dix ans couvrant la production de séries YouTube, les campagnes de ballons stratosphériques, les captations événementielles et les vidéotransmissions (France Télévisions • la Semeccel (Cité de l’Espace et l’Envol des Pionniers) • le CNRS • le CHU de Toulouse • Toulouse School of Economics • Météo France • l’INRA • l’INSERM • l’ARS Occitanie • la Banque de France • le CNED • l’ANDRA • l’Université Toulouse 1 Capitole • l’Université Paul Sabatier • l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, et bien d’autres.

Côté privé, la démarche était différente, davantage de prospection directe, de recommandation, de démonstration, mais les exigences de formalisation restaient élevées pour des groupes comme Airbus, Thales Alenia Space, Hewlett Packard, Toulouse Business School, ENAC, Columbia University of New York, ou le MEDES (Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales).

Cette capacité à répondre aux marchés publics et à entretenir des relations institutionnelles durables est probablement l’une des compétences les plus sous-estimées dans notre secteur. C’est pourtant elle qui a permis à Prodigima de maintenir une activité régulière pendant plus de quinze ans.

👥 Management et ressources humaines : Gérer l’humain dans un secteur atypique

L’audiovisuel est un secteur où le management prend une forme singulière. Les équipes se constituent et se dissolvent au rythme des productions. Un tournage peut mobiliser 50 personnes pendant trois semaines, puis plus personne pendant un mois. Le régime de l’intermittence du spectacle, avec ses annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, impose une gestion administrative spécifique : DPAE, contrats à durée déterminée d’usage, calcul des cachets selon les conventions collectives, gestion des heures supplémentaires, bulletins de paie conformes aux accords de branche.

Sur vingt ans, Prodigima a employé régulièrement plusieurs centaines de salariés au régime intermittents ou général : techniciens de plateau, opérateurs de prise de vues, ingénieurs du son, monteurs, graphistes, animateurs 2D et 3D, réalisateurs, assistants de production, régisseurs, maquilleurs, comédiens. Chaque recrutement devait correspondre à un besoin précis, chaque profil devait s’intégrer dans une équipe souvent constituée pour la première fois. C’est un exercice permanent d’évaluation, d’adaptation et de confiance.

Au-delà du recrutement, la gestion RH impliquait l’application rigoureuse de la convention collective de la production audiovisuelle, la rédaction et la mise à jour du règlement intérieur, le suivi des obligations légales en matière de santé et de sécurité au travail, la gestion des relations avec les organismes sociaux (Audiens, Pôle Emploi Spectacle, URSSAF), et l’accueil régulier de stagiaires et d’alternants, un engagement fort de Prodigima pour la transmission et l’insertion professionnelle.

Pour la Compagnie L’An 01, le management prend une dimension supplémentaire : la gestion du bénévolat. Dans une association culturelle, une part significative du travail repose sur des bénévoles, membres du bureau, collaborateurs ponctuels, qu’il faut mobiliser, former, remercier, sans disposer du levier contractuel du salariat. La gouvernance collégiale d’une association loi 1901, avec son conseil d’administration, ses assemblées générales et ses obligations statutaires, exige des qualités de diplomatie et de fédération que le monde de l’entreprise ne sollicite pas toujours de la même manière.

🤝 Développement commercial et relations clients : Construire un réseau sur la durée

Prodigima n’a jamais réellement eu de commercial dédié. Le développement commercial, c’était mon travail au quotidien, en parallèle de tout le reste. Prospection, rendez-vous clients, élaboration de propositions sur-mesure, négociation tarifaire, fidélisation.

En vingt ans, j’ai constitué et entretenu un portefeuille de plus de 80 clients institutionnels et privés. Certaines relations ont duré plus d’une décennie, c’est le cas avec le CNES, la Cité de l’Espace, la Société Chimique de France ou le Printemps du Rire. Ces partenariats longs ne s’obtiennent pas par miracle : ils se construisent livraison après livraison, en respectant les délais, les budgets, et en ayant la lucidité de refuser un projet quand les conditions ne permettent pas de le réaliser correctement.

Le positionnement stratégique de Prodigima reposait sur deux pôles complémentaires : d’un côté les services aux entreprises et institutions (films corporate, captations, vidéotransmissions, communication audiovisuelle), de l’autre le développement et la production de contenus originaux pour la télévision et le cinéma. Ce double ancrage, que beaucoup de structures de notre taille ne parviennent pas à maintenir, était à la fois notre force et notre complexité de gestion.

Les coproductions internationales ont constitué un tournant. Travailler avec Stefilm à Turin pour ARTE, avec Almano Film à Paris pour un long-métrage distribué dans 33 festivals à travers 17 pays (5 prix internationaux pour Entre deux trains), cela implique des négociations contractuelles en anglais et en italien, des montages juridiques transfrontaliers, une connaissance fine des mécanismes de coproduction européens et une capacité à s’adapter à des cultures de travail différentes.

L’éthique commerciale a toujours été un marqueur fort de Prodigima. Nous sélectionnions nos donneurs d’ordres selon nos critères : pas de publicité ou de prestations pour des marques et des entreprises dont les valeurs ne coïncidaient pas avec les nôtres. C’est un luxe que peu de petites structures peuvent se permettre,  mais c’est un choix que je n’ai jamais regretté.

🏗️ Infrastructure, studio et exploitation technique : Avoir ses propres outils

Dès 2010, Prodigima a fait le choix d’investir dans son propre studio, situé à Toulouse, à proximité de la gare. Un plateau de 70 m² entièrement modulable : cyclo ou fonds d’incrustation (vert, bleu) de 35 m², noir total, alimentation triphasée, climatisation, mezzanine avec vue plongeante pour le placement de caméras, loge avec douche, accès chargement/déchargement extérieur.
Cet outil a été le lieu de tournage de dizaines de productions, émissions, interviews, séries YouTube, enregistrements pour le CNES, podcasts vidéo, mais aussi le lieu de naissance de la plupart de nos projets. Un studio, ce n’est pas seulement un outil technique : c’est un espace de création, de test, de rencontre.

La gestion d’un studio implique des compétences spécifiques : maintenance du matériel d’éclairage et de captation, mise à jour permanente des équipements (la transition vers la FullHD, puis l’UHD, a nécessité des investissements lourds), gestion des assurances, sécurité des locaux, planification de l’occupation du plateau entre les productions internes et les locations à des tiers.

Le parc matériel de Prodigima comprenait des caméras broadcast (Sony, Blackmagic, Panasonic) et cinéma (RED, ARRI), des optiques, de l’éclairage LED et HMI, des solutions de régie multicaméra, du matériel de vidéotransmission et de streaming, ainsi que des stations de montage et d’étalonnage. La supervision de l’exploitation technique sur des sites clients, Zénith de Toulouse pour La Nuit du Printemps, Maison de la Chimie à Paris, Cité de l’Espace, demandait une capacité d’adaptation logistique considérable, chaque lieu ayant ses propres contraintes d’installation, d’alimentation électrique et de connectivité.

📜 Juridique, droits et propriété intellectuelle : Le fil invisible de chaque production

Dans la production audiovisuelle, le droit n’est pas un sujet périphérique, c’est le squelette de chaque projet. Chaque film, chaque documentaire, chaque captation génère un enchevêtrement de droits qu’il faut anticiper, négocier, contractualiser et administrer.

Au quotidien chez Prodigima, cela impliquait : la rédaction de contrats de cession de droits d’auteur et de droits voisins, les relations avec la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), la SACEM (droits musicaux), l’INA (droits d’archives), la gestion des autorisations de droit à l’image, la négociation des clauses de diffusion et de rediffusion avec les chaînes (ARTE, France Télévisions, ZDF, RAI), et la conformité aux obligations RGPD pour les productions impliquant des données personnelles.
Pour les coproductions internationales, la complexité augmente d’un cran : répartition des droits entre coproducteurs, territoires de diffusion, mandats de vente, contrats de distribution, reversements proportionnels. Le long-métrage Entre deux trains, coproduit entre la France et les États-Unis, sélectionné dans 33 festivals internationaux et distribué en salle, a généré un volume contractuel considérable sur plusieurs années.

Côté L’An 01, les enjeux juridiques sont différents mais tout aussi présents : contrats de cession avec les auteurs vivants (Dennis Kelly pour ADN, Maurice Maeterlinck, domaine public, pour La Mort de Tintagiles), conventions de résidence avec les théâtres partenaires (Théâtre Sorano, CDN de Haute-Normandie, MJC Rodez), conventions de coproduction (ThéâtreDeLaCité, CNAREPs etc.) et subventions de nos partenaires institutionnels.

🌱 RSE, engagements et éthique : Produire autrement

La responsabilité sociale et environnementale n’a jamais été un argument marketing chez Prodigima. C’était une conviction.
Dès 2020, Prodigima est devenue signataire de la Charte Écoprod, intégrant à chaque étape de production, de la préparation au démontage, des pratiques écoresponsables : réduction des transports inutiles, mutualisation des équipements, gestion raisonnée des déchets de plateau, choix de fournisseurs engagés. Nous avons également rejoint Tree-Nation pour compenser les émissions de CO2 liées à nos activités.

L’engagement social était tout aussi concret : soutien actif au régime des intermittents, valorisation systématique des professionnels locaux dans les régions de tournage, sélection éthique des donneurs d’ordres, refus de produire des contenus publicitaires en contradiction avec nos valeurs. Prodigima était membre du SPI (Syndicat des Producteurs Indépendants), de l’APIFA, de la CPME31 et du Club d’entreprises Réussir.

Du côté de L’An 01, l’engagement est inscrit dans l’ADN même de la compagnie. Son nom fait référence à la bande dessinée de Gébé « on arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». La ligne artistique de la compagnie porte des questionnements sociaux, politiques et de genre. Les médiations théâtrales menées en milieu scolaire, en centre de détention (Maison d’arrêt de Muret) ou auprès d’instituts médico-éducatifs témoignent d’un ancrage social fort qui dépasse largement le cadre de la diffusion en salle.

🎓 Transmission : Enseigner ce qu’on a appris sur le terrain

Depuis 2020, j’occupe le poste de Référent Filière Audiovisuel à Toulouse Ynov Campus. Bachelors 1, 2 et 3 : prise de vue, lumière, production, écriture, montage image. Recrutement et management des intervenants professionnels.

Ce rôle n’est pas déconnecté de mon parcours de dirigeant, il en est le prolongement naturel. Former de futurs professionnels, c’est transmettre vingt ans de terrain : les erreurs qu’on ne refait plus, les réflexes qu’on a acquis, les réalités économiques d’un secteur que les formations initiales présentent souvent de manière incomplète.

Le partenariat entre Ynov et Prodigima s’est concrétisé de manière tangible : des étudiants intégrés aux équipes techniques de La Nuit du Printemps au Zénith de Toulouse (2025, 2026), un pont direct entre la formation et le monde professionnel.

Savoir fermer un chapitre — et en ouvrir un autre

Prodigima a fermé ses portes en 2025 après 16 ans en SARL, et 21 ans si l’on compte la période associative. La société a fait l’objet d’une liquidation. C’est un fait. Je ne le masque pas et je ne le dramatise pas.

L’audiovisuel a profondément muté ces dernières années : effondrement des budgets institutionnels, concurrence des auto-producteurs équipés de matériel grand public, transformation des usages de diffusion, compression des délais. Le modèle économique qui avait fait ses preuves pendant quinze ans n’était plus viable en l’état. Plutôt que de m’accrocher à une structure devenue inadaptée, j’ai fait le choix de la lucidité.

Ce que vingt ans de direction m’ont appris ne disparaît pas avec la désactivation d’un numéro Siret. Les compétences : gestion, management, négociation, production, relation client, juridique, technique, sont intactes. L’exigence aussi. Et l’envie d’entreprendre n’a pas faibli. Elle a simplement changé de forme.

Administrer la Compagnie L’An 01 depuis 11 ans m’a appris autre chose : gérer une structure culturelle associative, avec ses contraintes propres de subventions, de bénévolat, de gouvernance collégiale, demande autant de rigueur qu’une SARL, avec moins de moyens et souvent plus d’inventivité. La compagnie, elle, continue. Son prochain spectacle, Fleurs de peau, est en cours de création pour 2026.

Vingt ans à diriger, produire et administrer m’ont enseigné une certitude : la gestion d’une entreprise culturelle, c’est un métier à part entière. Un métier exigeant, ingrat parfois, profondément formateur toujours. Et c’est un métier que j’aime.

👉 gaboriaud.net · cielan01.fr
#Entrepreneuriat #GestionDEntreprise #ProductionAudiovisuelle #Management #Audiovisuel #Prodigima #CompagnieLAn01 #SpectacleVivant #MarchésPublics #RSE #Transmission #Toulouse #Occitanie

La Nuit du Printemps

🎤

LA NUIT DU PRINTEMPS

Produire une vidéotransmission live et une captation intégrale au Zénith de Toulouse

Le contexte : un événement hors norme
Il y a des projets qui se méritent. La Nuit du Printemps en fait partie.

Événement phare du festival Le Printemps du Rire, l’un des plus grands festivals d’humour francophones, qui depuis plus de trente ans investit chaque printemps une cinquantaine de salles à travers l’Occitanie, La Nuit du Printemps est le rendez-vous absolu.

Chaque année, c’est la même formule, simple et imparable : réunir sur une seule scène une dizaine des noms les plus en vue du stand-up et de l’humour français, pour 2h30 de spectacle non-stop devant une salle comble. Pas un spectacle sage et assis. Une fête. Un événement populaire, chaleureux, survolt. Une soirée qui ressemble davantage à un grand rassemblement qu’à une représentation classique.

Le lieu : le Zénith de Toulouse Métropole, inauguré en 1999, l’une des grandes salles de spectacle du Sud-Ouest. Ses dimensions imposantes, sa capacité et son plancher de salle font de lui le terrain idéal pour les événements à très grande échelle ; et pour les équipes de production qui doivent y déployer un dispositif technique à la hauteur. Lors de chaque édition de La Nuit du Printemps, ce sont plus de 6 000 spectateurs qui envahissent la salle et le hall, transformant le Zénith en une machine à rire d’une rare intensité.

J’ai eu la responsabilité de diriger la production audiovisuelle de cet événement sur deux éditions consécutives : le 28 mars 2025 et le 27 mars 2026. Deux années de suite, deux équipes, deux plateaux d’artistes différents, mais une même exigence : produire un dispositif live irréprochable pour l’une des plus grandes soirées d’humour de France.

Nuit du printemps
Nuit du printemps
Nuit du printemps

Le réalisateur : Robin Barrière

Pour les deux éditions, j’ai fait confiance à Robin Barrière pour assurer la réalisation. Un choix reconduit d’une année sur l’autre, ce qui dit déjà quelque chose de la qualité du travail fourni en 2025.

Robin Barriere

La réalisation d’un show d’humour en multicam live est un exercice particulier. Il ne s’agit pas simplement de couvrir une scène avec plusieurs angles. Il faut anticiper la dynamique du plateau, comprendre le rythme propre à chaque artiste, savoir quel cadreur ira chercher le gros plan au bon moment, switcher avec une précision qui accompagne, voire amplifie, la chute d’un sketch. Robin Barrière a su tenir ce rôle avec efficacité sur les deux éditions, assurant une réalisation au service du spectacle.

Nuit du printemps

La journée de production : 19 à 20 heures sur site
Ce qu’on ne voit jamais depuis les gradins, c’est la journée qui précède le spectacle. Et c’est souvent elle qui détermine tout.

Sur chaque édition de La Nuit du Printemps, la journée de production sur site représente entre 19 et 20 heures de travail continu. Un chiffre qui mérite d’être posé clairement, parce qu’il dit mieux que tout la réalité du métier.

La journée commence tôt, avec l’installation complète du dispositif technique : déchargement et placement du matériel, câblage de l’ensemble des caméras sur la régie mobile, installation et vérification des signaux, mise en place des retours et des systèmes de communication internes entre le réalisateur et les cadreurs. Chaque poste doit être opérationnel avant que les équipes artistiques ne prennent possession de la scène.

Vient ensuite la phase de tests : vérification des flux, ajustements des niveaux, tests de basculement entre les sources, validation de la chaîne complète depuis les caméras jusqu’à la régie et aux écrans de salle. Cette phase est non-négociable. Un problème détecté à cette étape se règle en quelques minutes. Le même problème détecté pendant le show devient une crise.

Puis les répétitions avec les équipes artistiques et les balances techniques propres au festival. Le réalisateur affine ses consignes de cadrage avec les opérateurs, la régie cale ses automatismes, les protocoles de communication sont testés sous conditions réelles.

Enfin, le spectacle lui-même, 2h30 de live intense, où chaque membre de l’équipe est à son poste, concentré, réactif, au service du show.

Et quand le dernier humoriste salue, quand les 6 000 spectateurs commencent à quitter la salle, l’équipe technique, elle, reste. Démontage du dispositif, récupération du matériel, vérification des sources captées, retour matériel. La journée se termine comme elle a commencé : dans le travail.

Nuit du printemps

Les deux éditions

📅 Édition 2025 — 28 mars 2025

Pour cette première collaboration avec le Printemps du Rire, le plateau réunissait parmi les artistes : Verino, Tanguy Pastureau, Alex Vizorek, Matthieu Madenian, Les Franglaises, Marion Mezadorian, Lou Trotignon, Mélodie Fontaine, Antonia de Redinger, Nicolas Lacroix et Ameziane Bouzid. Un plateau dense, éclectique, qui représente la diversité des styles qui font la force du stand-up français contemporain, du registre absurde au récit intime, de l’humour de scène classique au duo décalé. Produire la captation d’un tel plateau, c’est aussi savoir que chaque artiste a son tempo, sa manière d’occuper l’espace, son rapport à la salle — et que la réalisation doit s’adapter en temps réel à chacun d’eux.

📅 Édition 2026 — 27 mars 2026

Reconduit sur la seconde édition, le dispositif est affiné par l’expérience de 2025. L’animation est confiée à Caroline Estremo & Les Coquettes, et le plateau réunit Alex Ramirès, Didier Bénureau, Juliette Clocher, Lola Dubini, Matthieu Nina, PV, Charlie Haid, Adel Fugazi et Les Décaféinés. Une programmation qui confirme la montée en puissance de l’événement, des noms qui remplissent leurs propres salles, réunis pour une seule soirée au Zénith.

Le volet formation : le partenariat avec Toulouse Ynov Campus

C’est peut-être l’aspect de cette production dont je suis le plus fier, et celui qui dépasse largement le cadre d’une simple opération technique.

Depuis 2020, j’interviens à Toulouse Ynov Campus en tant que Référent Filière Audiovisuel. J’y enseigne la prise de vues, la lumière, la production et le montage à des étudiants en Bachelor Audiovisuel. Ce double ancrage : le terrain professionnel d’un côté, la salle de cours de l’autre, m’a amené à une conviction simple : la formation audiovisuelle ne peut pas se construire uniquement sur des exercices en chambre. Il faut, à un moment, mettre les étudiants face au réel. Face à des conditions qui ne pardonnent pas. Face à un show live devant 6 000 personnes, où chaque erreur de cadrage part directement sur les écrans géants.

Sur les deux éditions de La Nuit du Printemps, j’ai donc mis en place un partenariat avec Toulouse Ynov Campus pour intégrer une vingtaine d’étudiants dans l’équipe technique en tant que cadreurs sur le dispositif multicam. Pas des figurants, pas des observateurs. Des opérateurs caméra à part entière, briefés par le réalisateur, positionnés sur leurs postes comme n’importe quel professionnel de l’équipe, avec leurs responsabilités et leurs consignes de réalisation.

Ce que cette expérience leur apporte ne s’enseigne dans aucun amphithéâtre. Tenir un poste de cadre pendant une journée de 19-20 heures, répondre aux consignes d’un réalisateur en temps réel dans son oreillette, maintenir sa concentration alors que la fatigue s’installe, cadrer serré sur un artiste en plein jeu devant 6 000 personnes qui rient, c’est une expérience de formation que peu d’établissements peuvent offrir à leurs étudiants de Bachelor.
Les retours ont été unanimes sur les deux éditions : pour ces jeunes, c’était un tournant. Certains avaient déjà capté des événements à petite échelle. Aucun n’avait jamais intégré une équipe professionnelle sur un show de cette dimension. La différence entre les deux se mesure non seulement en termes de compétences techniques, mais aussi en termes de posture, de rigueur, de capacité à travailler sous pression.

Ce partenariat est pour moi l’illustration concrète de ce que peut être une pédagogie du terrain assumée : pas une mise en situation simulée, mais une vraie production professionnelle, avec de vraies exigences, où les étudiants sont traités et se comportent comme des professionnels. C’est gagnant pour eux. C’est gagnant pour la production, qui dispose de postes de cadre tenus avec sérieux. Et c’est une forme de transmission qui me tient à cœur.

Nuit du printemps

Ce que le live enseigne

Produire du live dans une grande salle, c’est accepter une règle fondamentale : on ne peut pas tout contrôler, mais on peut tout anticiper. La différence entre une production qui tient et une qui flanche se joue presque toujours dans les heures qui précèdent le show, dans la qualité de la préparation, dans la précision du brief, dans la rigueur des tests, dans la capacité de l’équipe à communiquer sous pression.
Le live ne pardonne pas l’improvisation. Il récompense la méthode. Et c’est précisément pour cette raison que j’y reviens avec autant d’engagement : parce que chaque production live est un défi de coordination, d’anticipation et d’exécution qui teste toutes les dimensions du métier en même temps.
Deux éditions. Deux soirées. Plus de 12 000 spectateurs cumulés dans la salle. Des dizaines de personnes dans l’équipe technique. Une vingtaine d’étudiants formés sur le terrain. Et deux captations intégrales qui restent comme documents d’une des plus grandes soirées d’humour de France.

Production audiovisuelle – Vidéotransmission live & Captation multicam

Réalisation : Robin Barrière
Festival Le Printemps du Rire – Zénith de Toulouse Métropole
Éditions 2025 & 2026

→ gaboriaud.net

Théâtre contemporain

🎭

PRODUIRE LE CONTEMPORAIN

5 créations, 10 ans, 1 fil rouge

Il y a une compagnie que j’accompagne depuis sa naissance : La Compagnie l’An 01, fondée à Toulouse en 2015, dont je suis co-fondateur et administrateur, et pour laquelle j’ai produit ou assuré la direction artistique vidéo des premières créations.

Son ADN (c’est le cas de le dire) : mesurer l’écart entre les utopies et les réalités du monde contemporain. Des spectacles qui sortent des théâtres, mélangent les médias, et provoquent la rencontre avec des publics qui n’ont pas toujours accès au spectacle vivant.

5 créations. 5 façons d’interroger la violence, le genre et la norme.

🔫 ADN (2015)

Texte de Dennis Kelly.

Un groupe d’adolescents dérape : le harcèlement tourne au drame.

Première mise en scène de Yohan Bret pour la compagnie.
J’y assurais la direction artistique vidéo.

Créé à la Foudre, CDN de haute-normandie.
Lauréat 2016 du festival Impatience – la colline – théâtre national, paris
Sélection 2016 festival supernova – théâtre Sorano, Toulouse
Sélection 2017 festival région en scène – Sarlat-la-canéda

La pièce de Dennis Kelly est un texte court, brutal, taillé comme une lame. Yohan Bret en fait la première création de la Compagnie L’An 01, et le choix dit déjà tout de la ligne artistique : pas de beau pour le beau, pas de confort. ADN part d’un fait divers scolaire ordinaire, un bouc émissaire, des adolescents qui dérapent, une mort accidentelle, pour démonter la mécanique du mensonge collectif et de la lâcheté ordinaire.

La scénographie de Claire Saint-Blancat et la réalisation vidéo que j’assurais permettaient d’habiller un espace sobre de présences numériques, d’instiller une atmosphère oppressante sans effets spectaculaires. Sept interprètes sur scène, une écriture chorale. La critique toulousaine notait à l’époque « un spectacle sur la petite psychopathie ordinaire », c’est exactement ça.

C’est aussi le projet autour duquel la compagnie bâtit ses fondations : son esthétique, sa méthode de travail avec les publics, sa capacité à aller chercher une jeunesse peu habituée aux salles de théâtre.

👫 X, Y et moi ? (2016)

Théâtre invisible sur l’égalité femme-homme.

Deux faux experts présentent des études absurdes et vraies sur le genre… le public ne sait plus ce qui est sérieux.

Co-produit avec le Théâtre Jules Julien.
Sélectionné au Festival des Fiertés de Toulouse (2017), au Festival Nov’Ado de Rodez (2017) et au Festival RTA au Québec (2018).
Couverture dans Le Monde en novembre 2017 après la censure du spectacle par un diocèse aveyronnais.
Soutenu par la Région Occitanie, la DILCRAH et le Conseil départemental de Haute-Garonne.
Toujours en tournée en 2026 dans les lycées d’Occitanie avec plus de 500 représentations à ce jour.

Le dispositif est audacieux parce qu’il repose sur un mensonge scénique assumé : le public croit assister à une conférence scientifique sur le couple et les relations de genre. Deux présentateurs déroulent des études réelles, absurdes, vraies, mélangées avec aplomb. L’effet de surprise est le cœur du spectacle : quand le doute s’installe sur ce qui est vrai et ce qui est joué, la réflexion commence.

Le texte est co-signé Orvoën Bret et Christel Larrouy. La scénographie, co-conçue avec mon concours, est volontairement dépouillée : une chaise, un micro, un écran, pour accentuer la crédibilité de la conférence fictive. Le spectacle se joue en mode théâtre hors-les-murs : salles de réunion, établissements scolaires, centres culturels. Les équipes changent de configuration selon les dates : 5 équipes différentes de duos, permettant une diffusion large et simultanée.

La polémique de novembre 2017 dans l’Aveyron (un diocèse annule les représentations dans ses établissements privés, Le Monde s’en empare) a paradoxalement propulsé le spectacle dans une visibilité nationale. La compagnie s’en est toujours tenue à sa ligne : ce n’est pas un spectacle militant, c’est un spectacle qui laisse le public se faire surprendre par ses propres réflexes.

🗡️ La Mort de Tintagiles (2017)

Texte de Maurice Maeterlinck (1894).

Une cérémonie théâtrale immersive : dispositif bifrontal, spectateurs allongés sur scène parmi les acteurs, brouillard, tissu aérien. 5 comédiens.

J’y ai assuré la création vidéo et la co-production.

Créé au Théâtre Sorano (Supernova #2), co-produit avec Le Pari de Tarbes, la MJC de Rodez et le Collectif En Jeux (réseau de 12 structures en Occitanie).

Soutenu par la DRAC Occitanie, la Région, l’ADAMI et la SPEDIDAM.

Maeterlinck écrit ce texte en 1894, pour des marionnettes. Yohan Bret en fait une cérémonie pour vivants. L’intrigue est simple, presque celle d’un conte : un petit garçon, Tintagiles, revient sur une île gouvernée par une reine invisible et dévoreuse d’âmes. Ses deux sœurs tentent de le sauver. La reine, toujours hors-champ, finit par le prendre.

Ce qui rend la mise en scène remarquable, c’est le dispositif bifrontal : une partie du public est dans la salle classique, face au plateau. L’autre partie est sur scène, allongée sur des coussins, revêtue de chemises blanches. Autant de Tintagiles morts. Deux manières d’entrer dans l’œuvre, deux expériences radicalement différentes du même spectacle. Le mur de scénographie s’effondre en cours de jeu. Un numéro de tissu aérien ponctue la fin.

Ma contribution à ce spectacle va au-delà de la co-production : j’assurais également le support audiovisuel, intégrés à une scénographie de Claire Saint-Blancat pensée pour englober le spectateur dans un environnement sensoriel total (brouillard, musique live de Benoît Bories, lumières de Cyril Monteil). Des œuvres satellitaires (installations, expositions) accompagnaient le spectacle lors de sa diffusion, signées de plusieurs artistes plasticiens.

Le réseau de co-production témoigne d’un travail de diffusion ambitieux : 12 structures du réseau Collectif En Jeux en Occitanie, auxquelles s’ajoutent le Théâtre Sorano, Le Pari de Tarbes, la MJC de Rodez.

🥊 Le Bal des lucioles (2022)

Yohan Bret & Léa Hernandez Tardieu.

Un show satirique dans un gymnase : un CRS, un extrémiste, une femme de ménage et un citoyen s’affrontent sous l’œil d’un présentateur-arbitre. 7 interprètes.

Co-produit avec le ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie et le CNAREP Pronomade(s).
Résidences au CENTQUATRE-Paris, à la Petite Pierre (Gers) et dans une dizaine de structures.
Introduit par une fausse rencontre / débat avec des chercheurs sur la violence.

L’image fondatrice du spectacle vient de Pasolini : les lucioles comme métaphore d’une humanité qui résiste, qui tente de rester allumée face aux lumières aveuglantes des pensées dominantes. Yohan Bret et Léa Hernandez Tardieu s’en emparent et en font quelque chose de radicalement différent d’une méditation poétique : un show télévisé parodique, avec un présentateur-arbitre, des vestiaires, des mi-temps sportives, et un terrain de jeu qui est littéralement un gymnase.

Quatre personnages, un CRS, un extrémiste, une femme de ménage, un citoyen, s’y battent pour leur place dans la société. Les armes : la danse, la cascade, le piratage, la chanson, le coup bas. La jauge du gymnase crée une promiscuité avec le public que les théâtres conventionnels n’autorisent pas. Ce choix scénographique, jamais un plateau classique depuis X, Y et moi ?, est une marque de fabrique de la compagnie.

Les rencontres-débats avec des chercheurs de l’Observatoire des médias proposées après chaque représentation ne sont pas un supplément facultatif : elles font partie de la structure du spectacle. La compagnie parle d’« émission panoramique des violences », le format télé est là jusqu’au bout. Tournée dans une vingtaine de lieux, dont Le Parvis (Scène Nationale de Tarbes) et Le Kiwi d’Arto à Ramonville, soutien de la DRAC Occitanie, de la Région, du Département de Haute-Garonne, de la Mairie de Toulouse, de l’ADAMI et de la SPEDIDAM.

💊 Fleurs de peau (2026)

Création en cours.

Installation performative dans l’espace public.
Un peep-show, une cabine privatisée, 9 performances au choix, une parade avec les témoignages de 80 hommes issus de 4 années d’enquête sur les masculinités.

Co-produit avec Pronomade(s), les Ateliers Frappaz, 2Rue2Cirque (Paris) et La Baignoire (Montpellier). Résidences en milieu carcéral (Maison centrale de Lannemezan) et en protection judiciaire de la jeunesse.

C’est la création la plus formellement radicale de la compagnie à ce jour Fleurs de peau ne ressemble à aucun des spectacles précédents : c’est une installation performative en espace public, articulée autour de trois espaces simultanés et distincts.

L’espace vitrine : une cabine en métal dans l’espace public, dans laquelle un·e performeur·euse change d’apparence au fil des heures, parfois masculin·e, parfois féminin·e, parfois autre. L’espace chambre : un spectateur à la fois entre par une porte dérobée dans cet espace privatif, mi-chambre abandonnée mi-terrarium, et choisit parmi 9 performances pour « activer » l’interprète.
L’espace parade : à l’extérieur, les témoignages sonores de 80 hommes, masculinistes, hommes en quête de virilité, hommes ordinaires, diffusés sous enceintes, collectés au fil de 4 années d’enquête. Et dans une remorque à bétail, le «dernier homme vivant capturé» défile comme un trophée.

La thématique des masculinités et de la virilité est abordée sans didactisme : le dispositif laisse le public construire sa propre expérience, décider de ce qu’il regarde, de ce qu’il traverse. Texte et mise en scène d’Orvoën Bret.
Résidences de création dans des lieux aussi différents que la Maison centrale de Lannemezan, la Protection Judiciaire de la Jeunesse de Tarbes et Saint-Gaudens, ou le Lycée agricole de Saint-Gaudens, c’est dans ces marges que la compagnie teste ses hypothèses.

L’enseignement

Ce qui relie ces 5 projets : une compagnie qui ne reste jamais là où on l’attend (gymnase, espace public, vitrine, scène) des sujets qui engagent, et une exigence de production qui rend ces aventures possibles, du montage financier à la coordination des résidences.

C’est ce travail d’ombre, patient et structurant, qui me passionne.

👉 cielan01.fr · gaboriaud.net

#SpectacleVivant #Production #ThéâtreContemporain #ArtsDelaRue #CieLAn01 #Toulouse #Occitanie #Création #Prodigima

Le CinéThéâtre

📽️

LE CINÉTHÉÂTRE

Quand le Cinéma entre en Scène

Il y a un format qui me passionne depuis le début de ma carrière : le CinéThéâtre.

Ni tout à fait du théâtre. Ni tout à fait du cinéma. Un espace hybride où la création vidéo dialogue avec le jeu vivant, où l’image projetée devient un personnage à part entière.

Entre 2009 et 2013, j’ai réalisé et co-produit avec Prodigima et la compagnie Théâtre Extensible trois spectacles pluridisciplinaires qui incarnent cette démarche ; soit plus de 150 représentations, dans une vingtaine de villes en France.

🔭 Galilée 1610, le messager céleste

110 minutes sur l’homme derrière la lunette.
Un récit à la fois scientifique et intime, joué notamment à la Cité de l’Espace de Toulouse et au Théâtre Altigone. Produit avec le soutien du CNES, de l’ESA, de l’Observatoire Midi-Pyrénées, de la Région Occitanie et du Conseil Départemental de Haute-Garonne.

Spectacle conçu dans le cadre du 400ème anniversaire des premières observations astronomiques de Galilée (1609-2010), année célébrée à l’échelle internationale. Ce n’est pas un prétexte commémoratif : la dramaturgie part de la question humaine : qui était cet homme, quelles étaient ses peurs, ses doutes ; avant d’aborder la révolution scientifique. La lunette astronomique n’y est pas un simple outil : elle est le déclencheur d’un bouleversement qui reconfigure le rapport entre la Terre et le Ciel, et entre l’individu et l’institution.

Le rôle de Galilée est tenu par Gilles Lacoste, accompagné de Christel Larrouy (Marina Gamba), Yohan Bret (Marc-Antoine), Dorian Robineau (Sagredo), Cécile Jacquemet et Chloé Spick. La première a lieu à la Cité de l’Espace de Toulouse en avril 2009, dans la salle IMAX de l’Astralia, un cadre programmatiquement cohérent avec le propos scientifique du spectacle. La tournée s’étend ensuite sur plusieurs années : Théâtre Altigone, Médiathèque José Cabanis (Toulouse), Théâtre Jean Marmignon (Saint-Gaudens), Loudun, Pibrac, une représentation en plein air à Rieux-Volvestre, et jusqu’au Théâtre des Halles d’Avignon en octobre 2013.

Le projet bénéficie du soutien du CNES, de l’ESA, de l’Observatoire Midi-Pyrénées et du CESR, ce qui positionne le spectacle à l’intersection du spectacle vivant et de la médiation scientifique institutionnelle, une signature qui deviendra caractéristique de mon travail.

Cinéthéâtre

⚗️ Les lueurs de la rue Cuvier

Le combat de Marie Curie, entre découverte de la radioactivité et résistance aux préjugés.
Plus de 125 dates en tournée nationale.

Soutenu par l’Institut Curie, le CNRS, l’ESPCI Paris, la Société Chimique de France, le Ministère de l’Éducation Nationale, et labellisé dans le cadre de l’Année Internationale de la Chimie.

Le spectacle retrace le parcours de Marie Curie depuis ses premières intuitions sur la radioactivité jusqu’à ses combats idéologiques contre les conservatismes scientifiques et les ravages de la guerre. L’écriture de Christel Larrouy installe le récit au 24 février 1898, à l’aube, devant les portes de l’Académie des Sciences. Le titre renvoie au hangar de la rue Cuvier, ancien local de dissection de la Faculté de Médecine, dans lequel Marie Curie a mené une grande partie de ses recherches, faute d’accès aux laboratoires officiels.

La tournée nationale est particulièrement dense : plus de 110 dates entre 2010 et 2016 dans une quinzaine de villes, dont la Comédie de Reims, le Théâtre de Castres, le Théâtre des Halles d’Avignon, la Salle Paul Fort à Nantes, et une représentation à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris en décembre 2011, lieu hautement symbolique. Le spectacle joue aussi à Rouen, Cambrai, Montbéliard, Limoges, Beaune, et jusqu’à Saint-Nazaire en 2016.

Le projet est labellisé dans le cadre de l’Année Internationale de la Chimie (2011) et soutenu par un réseau institutionnel scientifique exceptionnel : Institut Curie, CNRS, ESPCI Paris, Société Chimique de France, Ministère de l’Éducation Nationale, Fondation CSF, Académie de Toulouse. Ce soutien traduit une reconnaissance du spectacle comme outil de médiation scientifique à part entière.

Cinéthéâtre

🇪🇸 ¿Con qué sueñas, Diego?

Des républicains espagnols en exil dans un camp du sud de la France, mars 1939.

Un texte de Christel Larrouy, une mise en scène d’Antonio Scarano. Direction artistique vidéo assurée par mes soins.
Soutenu par le Programme Européen Jeunesse en Action, la Mairie de Toulouse, le fond FEDER et le Conseil Général de Haute-Garonne.

Mars 1939. Quatre républicains espagnols, un ancien ouvrier de la CNT, un photographe indépendant, un milicien et un personnage surnommé « El Mudo », sont internés dans un camp du sud de la France après la défaite et l’exil. Autour d’eux, une femme cherche l’enfant qui lui a été arraché par les franquistes.

Le texte de Christel Larrouy refuse le réalisme documentaire : les personnages évoluent dans un espace onirique, entre mémoire, délire et résistance. La vidéo réalisée par Nicolas Baby suit les personnages depuis l’Espagne jusqu’à la route de l’exode, projetée en interaction avec le plateau.

La mise en scène est signée Antonio Scarano, la réalisation vidéo Nicolas Baby, et la direction artistique de l’ensemble vidéo est assurée par Romain Gaboriaud. La distribution réunit Jacob Chetrit, Gilles Lacoste, Christel Larrouy, Alejandro Moreu Garriga et Etienne Lehen.

La première a lieu au Théâtre le Pari à Tarbes fin janvier 2013. Le spectacle tourne ensuite dans plusieurs régions : Toulouse (Théâtre le Ring), Saint-Gaudens, Saint-Estève, Rieux-Volvestre, Loudun, Capestang.

Cinéthéâtre

L’enseignement

Ces trois projets partagent la même conviction : la vulgarisation scientifique et historique peut être un acte artistique fort, à condition de ne pas choisir entre rigueur et émotion.

C’est ce fil conducteur qui structure encore aujourd’hui ma façon d’aborder chaque projet.

👉 gaboriaud.net

#CinéThéâtre #Réalisation #SpectacleVivant #Audiovisuel #Vulgarisation #Pluridisciplinaire #Prodigima #ThéâtreExtensible