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Marchés publics, accords cadres et grands comptes
Quinze ans de productions pour les institutions qui exigent le meilleur
Il existe une forme de production audiovisuelle dont on parle peu, parce qu’elle ne fait pas les couvertures et ne remporte pas de prix au Festival de Cannes. Elle se dĂ©roule dans des couloirs d’Ă©tablissements publics, dans des amphithéâtres de recherche, dans des salles de confĂ©rence d’agences spatiales. Elle mobilise les mĂŞmes compĂ©tences, Ă©criture, image, son, post-production, mais dans un cadre contractuel qui ne pardonne pas l’improvisation.
C’est une grande partie de ce que j’ai fait pendant quinze ans Ă la tĂŞte de Prodigima.
RĂ©pondre Ă un appel d’offres public : un mĂ©tier dans le mĂ©tier
Avant de produire un seul plan, il faut gagner le marchĂ©. Et pour les institutions publiques, cela signifie passer par un processus rigoureux : lecture attentive du cahier des charges, analyse du besoin rĂ©el derrière les formulations administratives, chiffrage prĂ©cis de la production, rĂ©daction d’une offre technique et financière cohĂ©rente, respect des dĂ©lais de soumission.
Ce travail prĂ©paratoire ne se voit jamais Ă l’Ă©cran. Il conditionne pourtant tout ce qui vient ensuite.
Chez Prodigima, j’ai appris Ă lire les appels d’offres comme d’autres lisent des scĂ©narios, en cherchant ce qui n’est pas Ă©crit, en identifiant les vrais enjeux sous les intitulĂ©s gĂ©nĂ©riques, en anticipant les contraintes opĂ©rationnelles que le commanditaire n’a pas encore formulĂ©es. Une universitĂ© qui demande un film de vulgarisation sur ses travaux de recherche ne parle pas seulement de contenu : elle parle de valorisation institutionnelle, de recrutement, parfois de relations publiques avec ses financeurs. Comprendre ça, c’est dĂ©jĂ produire mieux.
CNES – Le Centre National d’Études Spatiales
Le CNES est sans doute la relation institutionnelle la plus exigeante et la plus stimulante de mon parcours. Travailler pour l’agence spatiale française, c’est produire des contenus qui doivent Ă la fois ĂŞtre scientifiquement rigoureux, accessibles Ă un public large, et conformes aux exigences de communication d’un Ă©tablissement sous tutelle ministĂ©rielle.
Les diffĂ©rents marchĂ©s et accords cadres couvraient la production audiovisuelle et la communication pour divers projets spatiaux, ainsi que pour le service de communication interne et externe de l’agence.
Le projet le plus emblĂ©matique de cette collaboration reste la couverture des opĂ©rations de l’ATV-CC,, consacrĂ© au support en communication de l’ATV Control Centre de Toulouse, le centre de mission qui a pilotĂ© les opĂ©rations du vaisseau cargo spatial ATV de l’ESA vers la Station Spatiale Internationale. Un programme unique en Europe, qui a reprĂ©sentĂ© une fiertĂ© technologique et humaine considĂ©rable pour Toulouse et pour le CNES.
Le dĂ©fi de ce projet Ă©tait double : rendre accessible une rĂ©alitĂ© technique extrĂŞmement complexe, tout en respectant la sensibilitĂ© institutionnelle et les contraintes de communication d’une agence gouvernementale. Douze Ă©pisodes, des dizaines d’intervenants, un format multimĂ©dia combinant tĂ©moignages, archives et narration, produit avec la prĂ©cision que ce type de partenaire impose.
Ma collaboration avec le CNES ne s’est pas limitĂ©e Ă ce projet. Elle a inclus des captations multi-camĂ©ra pour des confĂ©rences et Ă©vĂ©nements Ă Toulouse et Ă Paris, ainsi que des missions de terrain pour la communication autour des campagnes de ballons stratosphĂ©riques tout autour du monde.
CitĂ© de l’Espace – La Semeccel
La CitĂ© de l’Espace, gĂ©rĂ©e par la Semeccel, est l’un des sites culturels et scientifiques les plus frĂ©quentĂ©s d’Occitanie. L’accord cadre portait sur la production audiovisuelle pour ce lieu d’exception, un lieu oĂą le contenu doit fonctionner pour des publics radicalement diffĂ©rents : scolaires, familles, passionnĂ©s d’astronomie, touristes internationaux.
J’ai par exemple travaillĂ© sur le dĂ©veloppement de l’exposition El Niño, Ă l’endroit Ă l’envers, en collaboration avec Master Films et la Semeccel, un projet qui mĂŞlait direction artistique, conception de contenus audiovisuels et intĂ©gration dans un dispositif d’exposition musĂ©ographique. Une prestation qui dĂ©passe le simple « film de commande » pour entrer dans la conception d’expĂ©rience.
France TĂ©lĂ©visions – Post-production image et son
L’accord cadre avec France TĂ©lĂ©visions portait sur la post-production image et son. Pour un prestataire audiovisuel, intĂ©grer la chaĂ®ne de fabrication d’un diffuseur national exige une maĂ®trise technique sans faille : workflows normalisĂ©s, respect des formats de diffusion, exigences de conformitĂ© technique qui ne souffrent aucun Ă©cart.
Ce type de collaboration est peu visible au gĂ©nĂ©rique. Elle est pourtant fondatrice, parce qu’elle impose une discipline industrielle que beaucoup de petites structures de production n’ont pas Ă acquĂ©rir. Chez Prodigima, elle a renforcĂ© ma capacitĂ© Ă opĂ©rer avec des Ă©quipes de post-production professionnelles, sur des formats et des dĂ©lais imposĂ©s par la grille d’un diffuseur national.
Ma relation avec France TĂ©lĂ©visions s’est Ă©galement manifestĂ©e Ă travers la production de documentaires diffusĂ©s sur France 3 Occitanie, notamment Ne laisse jamais la baraque (52 minutes, rĂ©alisation Vladimir Kozlov), une plongĂ©e dans l’histoire du Théâtre Populaire d’Occitanie et un portrait du dernier théâtre ambulant du sud-ouest. Le film a bĂ©nĂ©ficiĂ© du soutien de la RĂ©gion Occitanie, du CNC, de la Procirep-Angoa et de la SACEM, et a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© au Festival International du Documentaire de SibĂ©rie.
U-Space – Production audiovisuelle et communication
L’accord cadre avec U-Space, acteur de l’innovation dans l’Ă©conomie spatiale, couvrait la production audiovisuelle et le support de communication. Un type de mission qui combine la capacitĂ© Ă produire des contenus techniques de qualitĂ© et Ă les intĂ©grer dans une stratĂ©gie de communication plus large, institutional branding, valorisation de projets R&D, diffusion auprès d’investisseurs et de partenaires institutionnels.
Le portefeuille public : recherche, santé, universités
Au-delĂ de ces quatre accords cadres, j’ai produit des centaines de productions pour un ensemble d’Ă©tablissements publics, ce qui reflète la diversitĂ© de mes compĂ©tences.
Dans la recherche et l’enseignement supĂ©rieur, j’ai collaborĂ© avec le CNRS, l’INRA, l’INSERM, l’UniversitĂ© Toulouse-1 Capitole, l’UniversitĂ© Toulouse-3 Paul Sabatier, Toulouse School of Economics, l’ICAM, MĂ©tĂ©o France et la RĂ©gion Occitanie pour des productions de vulgarisation scientifique, des films institutionnels, des captations de colloques et de confĂ©rences.
Chacun de ces commanditaires a ses propres contraintes : un laboratoire de recherche veut valoriser ses travaux auprès du grand public sans trahir la rigueur scientifique ; une universitĂ© veut attirer des Ă©tudiants et des partenaires sans ressembler Ă une brochure commerciale ; une collectivitĂ© territoriale veut raconter ses politiques publiques avec un niveau d’exigence que la simple communication politique ne permet pas.
Dans la santĂ© publique, j’ai produit des contenus très variĂ©s pour le CHU de Toulouse, l’ARS Occitanie, et la CPAM, des institutions pour lesquelles le contenu audiovisuel est un outil de service public, avec tout ce que cela implique en termes de sensibilitĂ© des sujets traitĂ©s et de validation des messages par des Ă©quipes mĂ©dicales et juridiques.
Au total, ce sont plusieurs centaine de productions audiovisuelles et institutionnelles rĂ©alisĂ©es dans ce cadre public et grands comptes, films de vulgarisation, captations multi-camĂ©ra, web-documentaires, confĂ©rences hybrides, contenus d’exposition.
Pour Dans le ventre de Toulouse (43 minutes, co-production avec Stefilm International), j’ai produit un documentaire diffusĂ© sur ARTE, RAI1 et ZDF, une coproduction internationale qui exige de maĂ®triser les attentes Ă©ditoriales de trois diffuseurs publics europĂ©ens simultanĂ©ment.
Les grands comptes privés : même rigueur, autre terrain
Le cadre contractuel du secteur privé impose des exigences différentes mais tout aussi élevées. Nos clients grands comptes ont inclus Airbus, Thales Alenia Space, Telespazio, Hewlett Packard, U-Space ou encore le MEDES – Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales, Columbia University of New York, Toulouse Business School, et la Société Chimique de France.
J’ai notamment assurĂ© la direction de captations multi-camĂ©ra lors de prĂ©sentations publiques Ă Paris, des Ă©vĂ©nements oĂą la rĂ©gie en direct ne donne pas droit Ă l’erreur.
Ce que cette expérience construit réellement
Il y a quelque chose que l’on comprend seulement en travaillant longtemps avec des institutions publiques : elles ne renouvellent pas une collaboration par inertie. Elles ont des procĂ©dures, des comitĂ©s de validation, des obligations de mise en concurrence rĂ©gulière. Si le CNES ou France TĂ©lĂ©visions reviennent, c’est parce que le travail fourni la fois prĂ©cĂ©dente justifiait de ne pas chercher ailleurs.
Cette exigence permanente a façonnĂ© une façon de travailler qui dĂ©passe le simple savoir-faire technique. Elle m’a appris Ă Ă©crire des dossiers rigoureux, Ă chiffrer avec prĂ©cision, Ă respecter des contraintes contractuelles sans les subir, Ă livrer dans des cadres oĂą le dĂ©passement de budget ou de dĂ©lai n’est pas une option.
Elle m’a aussi appris que la vulgarisation, scientifique, institutionnelle, culturelle, est un vrai mĂ©tier. Transformer des donnĂ©es de recherche en rĂ©cit accessible, rendre une politique publique comprĂ©hensible pour ses bĂ©nĂ©ficiaires, faire sentir en 26 minutes ce que reprĂ©sente le pilotage d’un vaisseau spatial depuis Toulouse : c’est un travail d’Ă©criture, d’image et de son qui exige autant de soin qu’une fiction.